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LA CONTROVERSE DES RÉSEAUX SOCIAUX EN LIGNE

Que nous soyons pour ou contre, tout le monde en parle et plus du quart des Canadiens y étaient inscrits fin 2007. Facebook est actuellement la grande vague qui surfe sur le dos du Web 2.0; cette capacité des internautes d'interagir avec le contenu des pages et entre eux.

Qu’est-ce qu’un réseau social en ligne?

En bref, c’est un site Web permettant aux gens d’échanger et d’interagir avec d’autres utilisateurs partageant les mêmes intérêts. On y forme des groupes (des amis) et on peut inviter d’autres personnes à s’y joindre. Une description complète est disponible sur le site de Wikipedia.

Le phénomène n’est pas vraiment nouveau, mais avec la croissance du nombre d'internautes, du tapage médiatique et du bouche à oreille, les réseaux sociaux en ligne grimpent rapidement en popularité, pour la reperdre dès qu’un nouveau site plus complet, plus convivial ou plus tape à l’œil fait son apparition.

Parmi les premiers réseaux sociaux en ligne :

  • 1995 – Classmates (www.classmates.com) – étudiants
  • 1997 – FastCompany (www.fastcompany.com) – gens d’affaires
  • 1997 – SixDegrees (www.sixdegrees.com) Vous vous rappelez la loi des 6 degrés disant que vous n’étiez qu’à 6 contacts d’une personne célèbre?

Suivis d’une deuxième vague dont :

Comme vous pouvez le constater, FaceBook (voir Wikipedia pour détails) n’a rien inventé. Il s’est contenté de raffiner ce qui existait déjà. En fait, il existe actuellement plus de 200 réseaux sociaux sur le Web. Vous avez l’embarras du choix.

Du bon et du moins bon…

Ceux qui me connaissent vous le diront, j'adore le partage d’idées et de connaissances, le réseautage et la communication. À priori, les réseaux sociaux (tout comme les blogues) sont une magnifique invention qui remet la puissance du Web entre les mains de ses utilisateurs. Tous ceux qui ont quelque chose à dire peuvent enfin le dire par l’entremise de ces réseaux ou de blogues. Malheureusement, comme dans toute chose, ça n’est pas parce qu’on *peut* dire (écrire) quelque chose qu’on doit nécessairement le faire.

Le Web a ceci de pernicieux qu’il crée un faux sentiment de sécurité chez ses utilisateurs. On est assis chez soi devant son écran, café à la main et on échange avec des gens de partout, on étale ses états d’âmes, ses projets de vie et ses photos sur son blogue ou sa page Facebook, en oubliant qu’on permet ainsi à TOUTE LA TERRE BRANCHÉE d’y avoir accès.

On cache le clavier du guichet automatique avec son manteau pour composer son NIP, pendant qu’on affiche publiquement les photos de ses enfants et le nom de l’école qu’ils fréquentent, ou encore ses dates de vacances et sa prochaine destination soleil, des photos des nouveautés qu’on vient d’acquérir, leur valeur et la ville où on réside. Pourquoi ne pas simplement afficher une pancarte « VENEZ ME VOLEZ, JE SUIS ABSENT POUR 2 SEMAINES » devant la maison, ou « SVP ENLEVEZ MON ENFANT » un coup rendu? Je vous le demande!

Paranoïa, me voici…

La grande controverse du phénomène des réseaux sociaux réside surtout, vous le comprendrez, au niveau du respect de la vie privée.

En effet, lors de son inscription à n’importe lequel de ces réseaux en ligne, *beaucoup* d’information est requise, soit disant pour faciliter la recherche de vos « amis ». Plus vous en mettez, plus vos « amis » auront de la facilité à vous retracer et vice-versa. Nom, date de naissance, emploi, adresse, école fréquentée, passe-temps, goûts musicaux, loisirs, etc. sont autant de détails demandés pour établir votre profil… de consommateur.

Eh oui! Rien n’est *vraiment* gratuit. Toute l’information fournie ne sert qu’à une et une seule chose : établir votre profil de consommateur pour vous offrir par la suite des affichages publicitaires liés à vos goûts. Vous avez les poils des bras bien dressés? Prenez le temps de lire les contrats d’inscription et les chartes concernant la vie privée et gare à la crise d’urticaire…

Passe encore si c’est pour vous afficher de la pub; libre à vous de vous laisser influencer ou non. Là où le réel danger pointe son vilain nez est incontestablement le fait que presque tout ce que vous affichez peut finir par être utilisé contre vous.

Mes deux plus grands frissons : le vol d’identité devenu un jeu d’enfant grâce à ces plateformes d’échanges, et les ados qui affichent littéralement tout sur eux, ne réalisant pas que cette information pourra potentiellement revenir leur mordre le fonds de culotte dans quelques années. Ces sites de réseaux sont en effet le régal des chasseurs de têtes et des professionnels en ressources humaines *avant* l’embauche. Ils seront très heureux d’apprendre qu’untel fait la fête tous les week-ends avec ses copains et que son passe-temps favori quand il est ivre est de pisser sur le perron de ses voisins ou de vandaliser les édifices publics…

On se contente de se vider le cœur à propos de telle ou telle personne qui nous a fait du chagrin ou de son « idiot de patron » qui nous mène la vie dure au boulot ? Votre profil en dit tout aussi long sur votre capacité à travailler en équipe, votre respect des gens en poste d’autorité, votre flexibilité, votre rigueur, votre ponctualité… Il suffit de quelques anecdotes pour mettre un bon chasseur de tête au parfum. Et bonne chance dans ta carrière !

Des traces indélébiles

Effacer son profil? Plus vite dit que fait. Encore une fois, lisez les petits caractères des ententes conclues avec le site lors de votre adhésion (et préférablement *avant* de cliquer sur « Je m’inscris ! »). Malgré que tout le contenu vous appartienne, il appartient également au réseau en question dès que vous avez consenti à l'afficher sur leur site (même de façon privée). Les entreprises publicitaires ont déjà en banque toute l’information qui vous concerne, la partagent à qui mieux mieux entre eux et la croisent avec d’autres bases de données. Même une fois « effacées », toutes les données de votre profil, vos textes, vos photos et vos préférences demeurent souvent la propriété du Réseau en question jusqu’à ce qu’il décide de s’en départir.

Oui, mes nièces me trouvent « super poche » de refuser de joindre leur réseau Facebook. J’ai beau leur expliquer les risques et les mettre en garde sur ce qu’elles y affichent, rien n’y fait. À croire qu’il faut que jeunesse se passe. Je ne peux qu’espérer que leur fond de culotte sera doublé de béton quand le grand crocodile viendra leur mordre les fesses dans 5 ou 10 ans…

Je termine cette réflexion en vous dirigeant vers un court reportage vidéo réalisé par TVA pour compléter ma mise en garde et vous souhaite de continuer à utiliser le Web avec sagesse et prudence.

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