Récemment, le service de partage de fichiers Dropbox (www.dropbox.com) faisait la manchette, alors qu’il était démontré que, contrairement à sa déclaration que l’information transigée par son entremise était entièrement chiffrée et que ses employés ne pouvaient pas en consulter le contenu, il fut démontré que les employés *pouvaient* consulter le contenu des fichiers, mettant les utilisateurs à risque de recherches ou de fouilles gouvernementales, d’employés malveillants ou d’entreprises tentant d’intenter des poursuites massives en violation de droits d’auteurs (lire l’article à www.wired.com/threatlevel/2011/05/dropbox-ftc/).

Quand allons-nous comprendre que RIEN de ce qui réside dans le « grand nuage » n’est à 100 % confidentiel?

Prenons un exemple simple, pour ne pas dire simpliste : une maison. Pour qu’elle soit pratique, une maison doit avoir une porte pour nous permettre d’y entrer et d’en sortir. Elle doit également avoir un système d’aération pour permettre à l’air d’y circuler. Elle aura aussi une ou plusieurs fenêtres pour y laisser pénétrer la lumière du jour et voir ce qui se passe au-dehors. Dès lors, la porte, le système de ventilation et la fenêtre deviennent autant de points d’accès potentiels pour pénétrer dans la maison.

Ainsi en est-il des différents espaces de stockage sur la grande toile, qui ne sont ni plus ni moins que de grandes maisons numériques, comportant portes, fenêtres et issues diverses pour laisser entrer et sortir l’information et où nous entreposons nos « meubles numériques »; nos données personnelles, financières ou d’affaires.

Tout comme une maison, ces systèmes possèdent différents « chiens de garde » pour empêcher les intrusions : clés, codes d’accès, mots de passe et filtres. Et encore comme les maisons, quelqu’un trouvera moyen d’y pénétrer s’il y consacre l’énergie et le temps nécessaires. Et malgré ce que l’on pourrait croire, le savoir-faire informatique y compte pour très peu.

Pourquoi la sécurité totale n’existe-t-elle pas, sur Internet comme ailleurs? Principalement à cause des multiples maillons faibles que nous représentons nous-mêmes. Demandez à n’importe quel technicien informatique de vous raconter d’où ils ont vu leurs clients sortir leur information et vous ne serez pas surpris.

Nous notons nos différents mots de passe, NIP et autres codes d’accès dans un calepin ou sur un bout de papier que nous traînons dans nos poches ou notre portefeuille. Nous les notons sur la jaquette interne d’un dossier ou sur un Post-It collé à l’intérieur d’un tiroir ou d’une porte de crédence au bureau. Nous allons nous chercher un café sans verrouiller notre poste de travail, question de sauver du temps. Nous choisissons des mots de passe faciles à deviner. Pire, nous confions carrément nos accès à des personnes *de confiance* et oublions de les modifier une fois ces personnes sorties de notre vie. Bref, nous laissons la clé sous le paillasson!

Pourquoi nous surprenons-nous donc lorsque des géants comme Sony, Apple, Facebook, Twitter, Google et autres, sont victimes de bris de sécurité? Comment osons-nous même nous plaindre alors que l’évidence même nous indique que la sécurité numérique totale n’est pas de ce monde?

Alors que plusieurs gourous informatiques clament que nous nous dirigeons vers l’infonuagique ou l’informatique en nuage, le fameux « Cloud computing », je me questionne sérieusement si les entreprises sont prêtes à confier leurs données stratégiques à la grande Toile.

La grande illusion, c’est de croire que l’on a le contrôle de notre information personnelle, point!  Ce contrôle, nous le perdons petit à petit en faisant nos affaires bancaires en ligne et à chaque fois que nous ouvrons un compte virtuel quelque part : achats en ligne, cartes de crédit, compte Google, Gmail, Hotmail, Yahoo, Facebook, LinkedIn, Twitter… Petit à petit, question de pouvoir continuer à faire partie de ce monde numérique, nous cédons volontairement notre information aux géants qui nous jurent qu’ils vont protéger notre vie privée. Même notre gouvernement nous enjoint de remplir notre formulaire de recensement en ligne… nom, adresse, date de naissance… Même si vous le remplissez en format papier, votre information sera saisie en format numérique et fera partie d’une banque quelconque, quelque part, reliée au grand réseau mondial. Et dire qu’on riait en lisant « 1984 »…

Ma question demeure, sommes-nous vraiment prêts à entrer dans l’ère de l’infonuagique?