Série de suicides chez les employés de Foxconn Technology, un manufacturier taïwanais qui fournit des composants électroniques pour des multinationales comme Dell, Apple, Hewlett-Packard (lire l’article).

C’est une nouvelle qui a rapidement fait le tour de la planète et me porte à réfléchir concrètement sur l’effet réel de ma consommation personnelle sur le reste du monde. Oui oui, on nous en parle depuis des années à grands coups de café équitable, de bac à recyclage et d’achat local. Mais outre les séances aussi douloureuses qu’inutiles de Mea Culpa et d’auto-flagellation collectives, j’essaie de mieux comprendre le phénomène sans tomber dans le drame où les médias tentent désespérément de nous attirer.

Cette nouvelle me fait réagir. Pourquoi maintenant plus qu’avant?

Est-ce parce que la technologie fait partie de mon quotidien (je passe le plus clair de mes semaines devant un écran) ? Est-ce parce que, quand j’ai acheté mon iPod, j’ai associé inconsciemment sa taille à celle de son impact possible (petit = moins de conséquences) ? Ou même parce que la réputation du fabriquant me faisait croire que les employés en charge d’en créer les composantes ne seraient pas exploités ?

Un peut tout celà j’imagine. Mais, probablement plus parce que j’ai oublié que l’impact d’un produit n’est jamais limité qu’à l’environnement. On n’a qu’à penser au cas de la marée noire causée par l’explosion du puits de pétrole de BP dans le Golfe du Mexique pour constater que, outre le désastre environnemental, l’impact est global : écologique, géographique, économique et humain.

N’est-il pas bizarre que l’impact humain soit si souvent oublié alors qu’il devrait être au premier plan? Je ne peux que présumer que c’est ce détachement (trop bien) ancré dans notre mode de vie accéléré qui nous fait oublier que ce que nous achetons n’arrive pas par magie sur les tablettes des magasins. Ceci me rappelle mon visionnement de la vidéo « The story of stuff » il y a quelques mois. Réellement édifiant pour comprendre le cycle de vie des biens de consommation.

Outre la sampiternelle leçon de « consommation responsable » qu’on nous rabâche Ad Nauseam, que peut-on tirer comme leçons positives de tout ceci ?

  • Encore une fois, la technologie et la vitesse à laquelle s’est propagée cette nouvelle ont donné une voix aux travailleurs exploités et ont fait réagir rapidement les entreprises concernées. Résultat, une hausse de salaire de 70% et l’allègement des heures de travail pour les employés. Technos 1 – Exploiteurs 0 !
  • L’éveil des entreprises qui utilisent comme fournisseurs des pays où les droits de l’homme sont encore fragiles. La notoriété de leur marque est plus que jamais directement liée à la réputation de gestion du capital humain de ces fournisseurs et elles seront tenues d’y prêter beaucoup plus attention qu’avant.
  • La réalisation renouvellée pour nous, consommateurs, que la modération demeure une vertu (sans tomber dans la simplicité volontaire, avons-nous *réellement* besoin d’un 3e téléviseur ?)

Bref, de l’ombre vient la lumière et à force de conscientisation, notre monde deviendra plus équitable, plus responsable, plus unifié !